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Le vaillant petit trader. Conte éthique d'un lanceur d'alerte
Jérôme GUIOT-DOREL. Préface de Maître William BOURDON
 
 

Petit TraderLe vaillant petit trader.
Conte éthique d'un lanceur d'alerte

Jérôme GUIOT-DOREL.
Préface de Maître William BOURDON

17 €
200 pages
Sortie : juin 2014
ISBN 9782366090116

Extraits de l'ouvrage

Préface

Lancer l'alerte est aujourd'hui en vogue mais reste périlleux. Le conte que nous propose Jérôme GUIOT-DOREL en est l'illustration exemplaire et parfois brutale.
Certes il existe un vent qui souffle autour de la planète et qui, ici ou là, a réveillé les consciences de ceux qui, parce qu'ils se sentent co-responsables de notre destin commun, sacrifient parfois leur intérêt individuel à ce qu'ils estiment être un sanctuaire à sauvegarder envers et contre tout, c'est-à-dire notre intérêt collectif qui est la condition d'un bien-vivre commun.
La loi en France comme ailleurs, progressivement, a pris en compte cette nouvelle ambition.
Les dispositions protectrices notamment, et résultant de l'adoption en France d'une Loi du 6 décembre 2013, restent insuffisantes, même si elles constituent un pas encourageant.
D'abord parce que les cadres comme Jean, ce personnage du conte de Jérôme GUIOT-DOREL, ne savent pas toujours que la voie hiérarchique n'est pas la seule et qu'en tous les cas ce n'est pas le chemin imposé.

Trop d'entreprises continuent à faire passer des messages ambigus en leur laissant croire que l'alerte ne pourrait être lancée qu'en interne à l'exclusion de toute autre option.
La CNIL l'a pourtant rappelé fermement.
En enfermant le chemin des lanceurs d'alerte, les entreprises cherchent à mieux contrôler la nature de l'information qu'ils souhaitent divulguer et, le cas échéant, l'étouffer.

Certes tout n'est pas caricatural mais le récit de Jérôme GUIOT-DOREL a le mérite de montrer que les dispositions les plus alléchantes en interne, et qui en surface peuvent donner l'impression d'une totale sécurité au lanceur d'alerte, peuvent gravement se retourner contre lui.
En effet, et c'est un des paradoxes que doit surmonter un lanceur d'alerte, révéler au sein d'une entreprise ou d'une administration un fait anormal ou une grave atteinte à des principes éthiques dont se glorifie bien souvent l'employeur conduit tout simplement à se jeter dans la gueule du loup.

En d'autres termes, on demande au lanceur d'alerte de partager une information auprès de celui qui parfois a le plus à craindre de cette révélation parce qu'il est lui-même le responsable du fait dénoncé, voire même le bénéficiaire.
Beaucoup se sont émus de cette situation, et un des responsables du service national de prévention de la corruption, Lionel BENAICHE, n'a pas manqué de souligner que les processus mis en place par les entreprises depuis l'adoption de la Loi du 13 novembre 2007 (qui protège les lanceurs d'alerte quand ils dénoncent des faits de corruption) fonctionnaient mal ou étaient peu utilisés.

C'est dire si Jean a fait preuve de courage et de vaillance. Il n'a écouté que son code éthique, c'est-à-dire le socle de sa conscience et c'est cette conscience qui l'a exposé à ce que Jérôme GUIOT-DOREL nous raconte, c'est-à-dire cette succession d'intimidations, de coups bas qui s'est terminée par un licenciement brutal.
Son parcours ressemble à d'autres lanceurs d'alerte dont j'ai pu croiser les tribulations, ceux qui sont brutalement jetés en dehors de l'entreprise pour déloyauté ou manquement au respect des principes de confidentialité.
Un jour viendra où les hyper-citoyens, ces nouveaux héros modernes, qu'ils soient anonymes ou planétairement publics comme Edward SNOWDEN, non seulement seront protégés mais seront gratifiés par les Etats dont ils sont les ressortissants des services qu'ils rendent finalement à l'intérêt public.
Le chemin sera long car ils restent trop perçus comme des ennemis de l'intérieur, soit par ceux qui font mine, comme certaines grandes multinationales mais aussi des banques, d'être les nouveaux bienfaiteurs de l'humanité tout en continuant dans l'opacité à en être parfois les saboteurs.

Derrière le récit de Jérôme GUIOT-DOREL il y a l'impératif de la conscience en quelque sorte une petite insurrection existentielle pour reprendre les mots de Vaclav HAVEL.

Je veux ici saluer sa démarche et souligner auprès de ceux qui auront la bonne idée de le lire que son récit est non seulement un encouragement pour ceux qui voudraient, en sortant de l'ombre, apporter de la lumière mais aussi une véritable boîte à outils que l'auteur a écrit malgré lui sur les embûches les périls qu'il faut impérativement anticiper et le cas échéant surmonter

Maître William BOURDON
Paris, mars 2014

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Préambule au conte et mécomptes financiers

Les propos qui vont suivre ne cherchent pas à concurrencer un manuel de comptabilité financière ou un exposé sur le trading dans une salle de marchés. Ils ne sont pas non plus un cours de morale adressé au monde des affaires. Il s'agit beaucoup plus de déclencher une alerte, de tirer une sonnette d'alarme et ceci de l'intérieur du système financier, à l'intention de l'opinion publique mais également de ceux qui dirigent nos entreprises et notre pays. Ces propos sont également destinés à tous ceux qui appréhendent mal les acteurs et les enjeux financiers du monde moderne.

L'histoire qui vous est proposée dans une première partie, se classe dans un genre littéraire nouveau. Le conte financier. Deux mots antinomiques qui évoquent, pour l'un, l'enchanteresse princesse Shéhérazade évoluant dans une Bagdad aussi fastueuse qu'ensoleillée et, pour l'autre, la froideur aride de la sécheresse comptable.
Si nous devions l'étiqueter, notre conte se rangerait aux côtés des Contes cruels de Villiers de l'Isle-Adam, loin de ceux des frères Grimm ou de Marcel Aymé. Il n'est pas recommandé pour faire s'endormir les tout-petits.

Aucun propos sur la finance ne peut aujourd'hui s'affranchir d'une réflexion sur la grave crise financière que nous vivons depuis 2007. Aussi ce conte a-t-il pour ambition de l'illustrer. Une folle ambition car des décennies de réflexion seront nécessaires pour appréhender les causes qui ont précipité cette folie collective.
Ce conte est la crise. Il porte en son sein les germes des faiblesses qui ont insidieusement envahi la finance. Opacité, complexité gratuite, lâcheté, cupidité ont été les ressorts de cette débâcle. Notre histoire illustrera avec force ces différentes facettes. Plus vrai que nature, ce conte aura pour but de décrire cliniquement l'état du patient « monde financier » au terme de plusieurs siècles de « progrès ».

Dans une deuxième partie destinée, en priorité, à ceux qui ont la volonté d'agir, nous tenterons de comprendre comment nous en sommes arrivés là. Vaste entreprise, probablement vaine, qui aura je l'espère le mérite d'éclairer, chemin faisant, la lanterne de ceux qui feuilletteront ces pages.

Mais cette histoire cherche surtout à décrire comment une entreprise, en proie à une attaque, peut se muer en un monstre. Comment, au mépris de toute éthique, de tout bon sens, de toute perspective de long terme, certains de ses employés peuvent définitivement se compromettre pour défendre des intérêts qui ne sont pas les leurs et qu'ils ne comprennent parfois même pas.
Nous mesurerons alors l'immense tâche à laquelle se sont attelés ceux qu'on désigne, aujourd'hui, par le terme de « lanceurs d'alerte ». Ces hommes et ces femmes, qui, un jour, confrontés à l'inacceptable, ont eu le courage de s'attaquer au monstre au risque de tout perdre. Nous détaillerons et analyserons les mécanismes d'auto-défense du monstre. Ils sont démesurés.

Notre conte financier a pour cadre une banque européenne. Nous mettrons en scène un homme, responsable d'un desk de trading (1) dans une salle de marchés.
Nous serons au cœur de la planète finance côtoyant les plus grands acteurs des marchés financiers. Les Goldman Sachs, Morgan Stanley, Deutsche Bank et autres Barclays seront nos compères. Nous plongerons dans le monde des arbitragistes, ces traders de haut vol qui régulent les marchés au gré des disparités qu'ils parviennent à observer. La danse des cotations des marchés sur les écrans de trading sera notre quotidien.

Nous suivrons le parcours de Jean, prototype de l'ingénieur français, élevé à l'école de la rigueur, épris d'idéal et de vérité. Nous emploierons le temps du présent pour faire « plus vrai ».

Nous y soulignerons, accessoirement, la violence insupportable et inadmissible qui peut avoir cours dans le milieu professionnel bancaire. Nous serons surpris de constater que les différents personnages rencontrés forment parfois une sorte de bestiaire opérant dans une jungle dépourvue de toute humanité.

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1 - Un « desk de trading » est une équipe de traders spécialisée dans un secteur des marchés financiers (actions, obligations, matières premières, change, ...)

 

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