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Libérons les énergies !
Pour une transition énergétique ambitieuse.

Bruno REBELLE
 
 

Libérons les énergies Libérons les énergies !
Pour une transition énergétique ambitieuse.

Bruno REBELLE

166 pages
17 €
ISBN : 9782366090055
Parution : mars 2014  

Extrait de l'ouvrage

INTRODUCTION

Pour une transition ambitieuse
En accédant au pouvoir en juin 2012, la majorité socialiste et écologiste proposait l’ouverture d’un grand débat national sur l’évolution de la politique énergétique française. Les acteurs de la société civile ont vite saisi cette opportunité pour souligner l’importance d’une transition énergétique ambitieuse. Bon nombre d’observateurs font effectivement le constat que notre système énergétique nécessite une transformation profonde. Les politiques mises en œuvre depuis la deuxième Guerre Mondiale ne répondent plus du tout aux enjeux d’aujourd’hui. Si nous ne changeons rien, nous ne pourrons pas tenir nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour contribuer à la lutte contre le changement climatique. Nous importons plus de 80 % des matières énergétiques que nous consommons et ces importations pèsent de plus en plus lourdement sur le budget national. L’augmentation régulière du coût des énergies freine la compétitivité des entreprises. Le prix de l’énergie pèse aussi lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages, et la précarité énergétique progresse de manière inquiétante dans le pays. Enfin, nos infrastructures de production d’énergie, en particulier nos centrales électronucléaires, vieillissent et nous devrons bientôt investir massivement pour remplacer ces capacités de production.
Il est donc très urgent de dessiner ce que doit être l’évolution de notre politique énergétique. L’équation n’est pas simple : comment fournir, à un prix abordable, l’énergie dont nos citoyens, nos entreprises, nos administrations, nos territoires ont besoin, tout en réduisant les nuisances environnementales locales et globales, en améliorant l’accès de tous à l’énergie ? La résolution de l’équation est plus complexe encore, tant les questions énergétiques irriguent l’ensemble de notre société et que chaque sujet génère en cascade une série d’autres interrogations. Pourtant, nous n’avons d’autres choix que d’engager la transition d’une politique énergétique obsolète excessivement dépendante du pétrole, du gaz et du nucléaire, vers un système plus responsable et plus efficace, mettant en avant les économies d’énergie et le recours massif aux renouvelables. En reprenant la quantité colossale de données, de réflexions et de propositions qui ont été échangées à l’occasion du débat national, je veux ici démontrer que cette transition énergétique est nécessaire et urgente, qu’elle est tout à fait possible et qu’en plus elle sera bénéfique pour notre pays. Je veux souligner qu’une transition ambitieuse apportera à la France deux choses dont elle a urgemment besoin : des marges budgétaires et des emplois. Nous ne pouvons plus attendre !
Pour entamer cette transition énergétique, il faut saisir la complexité des enjeux et avant toute chose bien comprendre que l’énergie est en quelque sorte le « sang de la société ». L’énergie est au cœur de nos vies. Dès le réveil, dans un appartement à bonne température, notre premier réflexe est de nous glisser sous la douche - chaude de préférence - puis de prendre un petit déjeuner pour lequel nous activons une bouilloire ou une cafetière et un grille pain, sans oublier le précieux réfrigérateur qui conserve le jus d’orange, le lait, le beurre… En règle générale, nous nous rendons ensuite au travail, en voiture pour la plupart des Français, en transport en commun pour les plus urbains d’entre nous, voire pour ceux qui le peuvent en vélo ou à pied, activant l’énergie produite par leur propre corps. Nous passons notre journée de travail derrière une machine ou un ordinateur qui consomment de l’énergie, dans des espaces correctement éclairés, chauffés ou climatisés au rythme des saisons… Enfin, après une longue journée de labeur certains d’entre nous, s’ils en ont la possibilité et encore la force, iront pratiquer un peu de sport dans un lieu éclairé et, en intérieur, chauffé à la bonne température. D’autres réserveront leur soirée pour le plaisir d’une sortie, d’une séance de cinéma ou d’une soirée en famille devant la télévision. De la douche du matin à la télévision du soir, chacun de ces actes consomment de l’énergie.
Tout au long de notre journée, nous aurons en fait utilisé différents services énergétiques pour répondre à nos besoins et à nos désirs : chaleur et froid, mobilité et énergie mécanique, électricité spécifique. A aucun moment, nous ne nous soucions de la ressource primaire – pétrole, gaz, uranium, vent, biomasse ou soleil - qui nous aura apporté ces services énergétiques. En toute logique ce qui nous importe, c’est la qualité de ces services et leur coût. Ce regard assez trivial sur l’énergie amène au moins trois commentaires.
Premièrement, l’énergie est effectivement au cœur de nos activités quotidiennes, elle est en quelque sorte le système sanguin qui irrigue notre société. Sans énergie, la vie que nous connaissons aujourd’hui s’arrête immédiatement. Le côté facile, quasi automatique, de l’accès à l’énergie dont nous bénéficions, au moins en France, ne doit pas nous faire oublier qu’en amont de la station service où nous faisons le plein de carburant, et des compteurs d’électricité ou de gaz de nos appartements, de nos bureaux ou de nos usines, un système complexe s’est construit au fil du temps pour exploiter des ressources primaires – charbon, pétrole, gaz, uranium ou sources renouvelables - et les transformer en services que nous consommons…
Deuxièmement, ce qui nous importe, dans nos usages quotidiens, ce ne sont pas les ressources premières qui entrent dans le système, mais bien la nature, la qualité et le coût des services énergétiques dont nous avons besoin : des lieux de vie ou de travail bien éclairés et à bonne température quelle que soit la saison ; la possibilité de se déplacer – ou d’expédier des marchandises - d’un endroit à un autre dans un délai connu ; le bon fonctionnement des appareils électroménagers, des ordinateurs, des machines… Pour définir nos politiques énergétiques, nous devons donc concentrer notre attention sur le choix des systèmes les plus efficaces – techniquement, écologiquement et économiquement – pour transformer les ressources énergétiques primaires disponibles, en chaleur ou en froid, en service de mobilité pour les personnes et les marchandises et en électricité pour les usages spécifiques – éclairage, alimentation des équipements électriques et électroniques.
Troisièmement, il est essentiel que nous réfléchissions en priorité à ce que sont nos besoins réels en services énergétiques en distinguant ce qui est indispensable – eau chaude sanitaire et chauffage, énergie pour la cuisson ou la conservation des aliments, fonctionnement des services de santé, etc. – ce qui est nécessaire – déplacements professionnels, fonctionnement des usines, des commerces, des écoles, collèges, lycées, universités…, des services publics, etc. – et ce qui relève du désir – voyages d’agrément, loisirs, soirées festives, événements culturels. Cette précision des besoins et des désirs doit nous permettre  de définir la quantité d’énergie nécessaire au maintien de notre qualité de vie individuelle et collective
Le fait de mettre en avant la notion de services énergétiques permet de s’affranchir, au moins dans un premier temps, des tensions stériles entre les promoteurs de telle ou telle solution technologique. La question n’est plus alors de savoir si on est, par principe, pour ou contre une option permettant de transformer une ressource primaire en un service énergétique, mais bien de faire le choix du système le plus adapté pour couvrir nos besoins.
Surtout cette approche, permet de sortir d’une logique d’offre qui conduisait à encourager la consommation d’une énergie réputée abondante et peu chère. Elle permet de mettre en avant les besoins – des individus, des entreprises et de la société en générale – pour ensuite, et ensuite seulement, considérer avec attention ce que sont les meilleures options pour couvrir ces besoins raisonnés en fonction de ce qui est indispensable, nécessaire ou désiré. C’est alors seulement que nous devrons arbitrer collectivement les combinaisons d’options technologiques permettant de couvrir nos besoins maîtrisés, en fonction des avantages et des inconvénients de chacune de ces options.

 

 

 

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